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26 ans après, les médecins vasculaires, grands sinistrés de la médecine libérale

23 Août 2016: 26 ans après, les médecins vasculaires, grands sinistrés de la médecine libérale

Il n’y a rien, absolument rien dans cette convention qui concerne la médecine vasculaire. Aucune amélioration, aucun projet. Une signature signifierait entrer à nouveau dans un système de blocage pour 5 ans.


Impact de la présente convention sur l’activité des médecins vasculaires

Il faut savoir que les médecins vasculaires, qui ont un exercice exclusif de leur discipline, ne pratiquent que très rarement la C. Cela représente 10 % de leurs honoraires, qui se font quasi exclusivement en actes techniques (actes d’exploration vasculaires, actes interventionnels en chirurgie phlébologique, etc.).

Au regard de la présente convention, une augmentation hypothétique de 2€ de la C, n’aura aucun impact sur les revenus de leurs cabinets, mais pourrait avoir de lourdes conséquences sur leur activité professionnelle, ce d’autant plus que les médecins vasculaires n’ont pas droit au C2 en raison de leur situation particulière. En effet, les médecins vasculaires étaient soumis - jusqu’à un récent arrêté du 13 novembre 2015[1] - au régime des MEP (Médecins à expertises particulières), puisque titulaires d’un diplôme de DESC, une formation qui se déroule en plus de la spécialité d’origine, la médecine vasculaire n’étant jusque-là pas reconnue comme spécialité à part entière.

De fait, pour les praticiens de secteur 1, la revalorisation de la C résultera artificiellement de majorations associées. Cette mesure pose toutefois un problème majeur quant à leur retraite.

Conséquences : pénalisés par une position d’entre deux, jonglant d’un côté avec leur situation particulière actuelle, et de l’autre, avec une prochaine reconnaissance de leur qualification prévue pour la rentrée 2017, les médecins vasculaires voient leur situation professionnelle encore se dégrader dans une Convention qui ne les nomme même pas.

Pire encore, les actes techniques, eux, ne seront sûrement pas réévalués. Une situation aberrante puisque ceux-ci restent figés depuis…. 26 ans ! C’est-à-dire qu’aujourd’hui un acte réalisé par un médecin vasculaire sur un patient est payé au même tarif qu’en 1989… pour un gain qui a notablement diminué puisque, d’un côté  les frais techniques ont augmenté en 26 ans (appareils médicaux de diagnostic, locaux, charges, etc.) et de l’autre, la signature de l’avenant 8 a obligé les médecins vasculaires à abaisser de 7.5%[2] leur actes sur les écho-dopplers des artères qui représentent 60 % de leurs honoraires[3].

Quelle profession pourrait accepter d’une part un blocage de ses revenus depuis 26 ans et d’autre part une diminution globale de sa rémunération ?

Pourtant, force est de constater que cette profession n’est pas immobile et cherche sans cesse à revoir ses pratiques pour permettre une baisse de la part de l’assurance maladie dans la prise en charge des patients, avec pour exemple le développement de la phlébologie interventionnelle, faite de techniques nouvelles qui viennent remplacer certains actes chirurgicaux, se réalisant au cabinet, sans hospitalisation, et surtout sans arrêt de travail pour le patient.

Une économie majeure pour l’assurance maladie qui toutefois ne reconnait pas ces pratiques comme des actes de première intention et n'apporte pas sa signature à leur remboursement pourtant déjà validé en amont par toutes les instances scientifiques et administratives.

Que retenir alors ?

Outre un des chevaux de bataille de son syndicat (le SNMV) enfin récompensé, avec l’octroi de la qualification de « spécialité » à la médecine vasculaire, celle-ci n’ouvre toutefois pas la voie à une amélioration de ses conditions d’exercice puisque cette réforme ne sera mise en place qu’à partir de la rentrée 2017. De fait, les médecins vasculaires devront attendre la prochaine convention pour connaître une reconnaissance de leur activité. Un comble pour cette profession qui attend une revalorisation depuis l’année de la chute du mur de Berlin.

Mais après tout, 5 ans de plus, 5 ans de moins…


[1] La réforme de l’internat actuellement en cours va ainsi permettre à cinq spécialités d’être reconnues comme telles : médecine vasculaire, médecine d’urgence, médecine infectieuse et tropicale, médecine légale, et gériatrie.

[2] Une diminution de sur trois ans de 2.5% entre 2013 et 2015.

[3] Soit une baisse de 4% de leurs revenus annuels.

 

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