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Urgences : le SML redoute l’instauration de contraintes pour la ville

06 Septembre 2019: Urgences : le SML redoute l’instauration de contraintes pour la ville

Le 2 septembre, la ministre de la Santé a dévoilé une partie des mesures qu’elle compte prendre pour désengorger les urgences hospitalières et répondre ainsi à la crise que traversent les services d’urgences des hôpitaux. Agnès Buzyn propose de donner aux SAMU-Centre 15 la possibilité « de déclencher un transport sanitaire pour emmener un patient vers un cabinet de ville ou une maison de santé ». Elle envisage de permettre aux cabinets de médecins libéraux et aux maisons de santé la possibilité de pratiquer certains examens de biologie « délocalisée » afin de permettre au patient de « réaliser ses examens dans le même lieu à l’issue de la consultation et d’obtenir un résultat dans des délais courts ». « Pour abolir les freins d’accessibilité », le tiers payant sur la part relevant de l’assurance maladie obligatoire deviendrait la règle pour les actes réalisés dans le cadre de la garde des médecins de ville et des maisons médicales de garde.

Des « filières mieux traitantes » d’admission directe des personnes âgées dans les services de médecine des hôpitaux seraient mises en place et, pour améliorer la prise en charge des personnes âgées résidant en Ehpad, une aide financière sera proposée aux SAMU afin qu’ils s’équipent en matériel de vidéo-assistance pour la régulation médicale.

Par ailleurs, un renforcement du rôle des paramédicaux, notamment en donnant accès aux infirmiers à deux protocoles de coopération pour l’imagerie et les sutures de plaie, est envisagé. Des infirmiers de pratique avancée labelisés « urgences » pourraient prendre en charge les patients en réalisant « un diagnostic à l’aide d’un algorithme », en effectuant des actes techniques « en autonomie » et en prescrivant des actes d’imagerie. Dans le même ordre d’idées « pour libérer du temps médical » aux urgentistes, le député Thomas Mesnier, qui travaille au rapport sur les urgences, a émis l’idée de faciliter l’accès des patients au kinésithérapeute, notamment dans le cas d’entorse de la cheville.

La ministre devrait annoncer lundi prochain une deuxième salve de mesures lors d’une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés.

Le SML émet des grandes réserves concernant la « philosophie » de ces mesures. Confier certaines tâches de diagnostic à d’autres professions de santé revient à « démédicaliser » les soins, ce qui n’est pas sans risques. Avant de dépouiller le médecin d’une partie de son champ de compétence, il serait bon d’évaluer ce qui existe déjà. Dans cinq régions en effet, le numéro 116-117 est expérimenté par les libéraux et a fait la preuve de son efficacité puisque le recours aux urgences hospitalières a baissé dans ces régions. Le SML demande que ce dispositif soit évalué. De même, au vu des annonces gouvernementales, on peut craindre que les moyens financiers soient, une fois encore, captés par les hôpitaux, alors qu’à l’évidence il faudrait renforcer ceux de la prise en charge par la médecine de ville des soins non programmés. Et puis, attention à ne pas créer de nouvelles contraintes pour les médecins en prétextant la fièvre des urgences pour remettre en selle le tiers payant.


  

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