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Autisme : lorsque les décisions de l’action publique relèvent de la psychiatrie

20 Mai 2016: Autisme : lorsque les décisions de l’action publique relèvent de la psychiatrie

Le 12 mai dernier, nos confrères de la Fédération Française de Psychiatrie, du Collège National des Universitaires de pédopsychiatrie et du Collège National pour la Qualité́ des Soins en Psychiatrie ont lancé, dans un communiqué conjoint, un appel à la raison en direction de l’administration française.


Leur constat est simple. Depuis la reconnaissance de l’autisme comme priorité de santé publique en 1995, le législateur a considérablement favorisé la coordination des différents acteurs du monde médical autour des problématiques liées aux troubles du développement complexe : accompagnement des familles, gestion de l’évolution de la maladie, adaptation du parcours de santé, sociabilisation des patients, etc.

A ce titre, le psychiatre jouait un rôle fédérateur entre les différents professionnels de santé, puisqu’il permettait d’améliorer la prise en charge de l’autisme et le quotidien des patients en définissant un parcours de santé approprié à leurs besoins. Cette organisation développée par les professionnels libéraux a, par ailleurs, bénéficié d’un soutien sans faille de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui, dans un rapport datant de 2012, préconisait la mise en place d’un projet structuré et cohérent pour les patients autour d’un encadrement médical fondé sur la communication, l’éducation et la thérapie.

Cherchant à s’emparer de la réglementation de ce système, certaines pressions externes issues de lobbys malintentionnés mais pourtant influents auprès des pouvoirs publics, sont venues remettre en cause les pratiques des professionnels compétents.

Ayant pour objectif d’entraîner la démédicalisation de toute prise en charge des patients, ces associations de parents réfutent la reconnaissance pathologique de l’autisme. En ne lui attribuant que la seule nature d’handicap comportemental, ces groupes cherchent à ringardiser les pratiques médicales issues de théories psychanalytiques développées au contact des patients. A ce titre, le traitement du packing qui consiste à envelopper les patients dans des linges froids et humides dans le but de les relaxer, fait figure d’exemple. Jugée archaïque par les associations de parents, cette technique a pourtant démontré ces effets thérapeutiques tangibles, agissant directement sur le comportement des patients.

Les pouvoirs publics, dans leur décision de renier l’ensemble des recommandations de la HAS, ont visiblement favorisé la stigmatisation des professionnels. Cédant aux sirènes de ces groupes éloignés de toutes problématiques médicales, ils ont contribué à réduire l’autisme à un champ de débat social, évinçant de fait toute composante thérapeutique de ce trouble du comportement.

Incapable de penser une politique de santé pérenne, l’administration française semble s’enfermer dans une pathologie mentale devenue chronique. Victime de psittacisme, elle applique, sans réflexion préalable, les revendications d’associations non représentatives qui ont à cœur de détruire l’expertise médicale dévolue à la profession de psychiatre.

En ce sens, le SML apporte un soutien sans retenue aux psychiatres et à leurs représentants syndicaux, et appelle les pouvoirs publics à faire preuve de diligence et de discernement dans l’application de mesures qui seraient à n’en point douter, désastreuses tant pour les professionnels que pour leurs patients.

Pour en savoir plus : Autisme : Les Psychiatres appellent à la raison - http://bit.ly/1W5KQIx

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