TALLEYRAND ET LE DEFICIT DE LA SECU
En fixant un ONDAM de ville à un niveau totalement irréaliste (0,8%, corrigé à 1,1% par le Parlement), le précédent gouvernement a joué avec le feu et déclenché, à retardement, la mécanique infernale de sa propre réforme. Intenable, ce taux n'a pas été tenu, le Comité d'alerte s'est donc mis en branle, les Caisses ont présenté un plan d'économie budgétaire que le nouveau gouvernement a accepté alors qu'il aurait pu opter pour un collectif budgétaire. Mais la conséquence la plus grave est que les opposants, de tous poils, en profitent pour crier à l'échec d'une réforme - dont les effets positifs (voir ci-dessous) ne sont pas reconnus - sans pour autant proposer une alternative. Comme disait Talleyrand, "la politique sera toujours l'art d'agiter les peuples avant de s'en servir"...

Dr Dinorino Cabrera, Président du SML
 
 
REFORME ET CONVENTION : PAS DE FAUX PROCES
Le déficit 2007 de l'assurance-maladie de 6,4 milliards d'€ - au lieu de 3,9 attendus - a amené le gouvernement à accepter un plan d'économies de 1,455 milliards d'€, malgré les réserves du Comité d'alerte et les contestations des syndicats de médecins, en premier lieu le SML qui ne participera pas à une négociation conventionnelle visant à entériner les mesures à l'encontre des radiologistes. Il n'en fallait pas plus pour que les opposants de toute nature retrouvent de la voix et crient haro sur le baudet, c'est-à-dire à l'échec de la réforme de l'assurance-maladie de 2004 et de la Convention médicale. Mais le baudet a bon dos.
La faiblesse de la réforme et de la Convention est de ne pas être exploitées au maximum, et non d'exister.
La réforme a laissé en dehors de son champ l'hôpital - qui représente la moitié des dépenses de santé - et dont le taux de l'ONDAM est largement supérieur à celui de la médecine de ville. Il est regrettable que le plan hôpital 2007 (et bientôt 2012) soit déconnecté des enjeux de l'assurance-maladie. Il est regrettable qu'en matière de permanence des soins, aucune véritable coordination ville-hôpital n'existe. Il est surtout regrettable que la maîtrise médicalisée s'arrête aux portes de l'hôpital alors qu'une partie des prescriptions hospitalières (sortie, consultations externes) est comptabilisée dans les dépenses de ville. Depuis 2005, les dépenses de médecine de ville sont sous contrôle. Le supposé "dérapage" est la conséquence d'un ONDAM d'autant plus sous évalué qu'en raison de l'effet report de 2006, il était en réalité de 0,3% . Le directeur de l'UNCAM répète que "l'évolution des dépenses de santé est à un rythme historiquement bas". La maîtrise médicalisée a permis d'économiser près de 2 milliards d'€. L'activité, en volume, des médecins de ville stagne ou diminue selon les spécialités dans un contexte d'augmentation des besoins de santé et du nombre d'entrées en ALD.
L'objectif n'est donc pas d'arrêter le processus en cours mais au contraire de l'amplifier. Dans un entretien à Médecin et Libéral, la revue du SML, Frédéric Van Roekeghem affirme qu'il faut passer à la deuxième phase de la réforme en donnant un contenu médical au parcours de soins. Les objectifs individualisés de prévention prévus par l'avenant n°23 sont l'avant-garde de cette orientation.
Les ratés et les retards du DMP sont préjudiciables car le dossier médical personnel est l'outil indispensable pour une véritable coordination des soins et une optimisation de la dépense. Les mauvais résultats conjoncturels ne doivent pas donner raison aux Cassandres et leur apporter une fausse victoire sur un plateau.
 
 
FRANCHISE : LE REGULATEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS
La ou les franchises médicales devraient voir le jour en 2008. Dans son discours de politique générale, mardi 3 juillet, le Premier Ministre François Fillon a parlé "d'une piste possible" tandis que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée avait indiqué la veille dans une interview au quotidien La Tribune que le système tiendrait compte des revenus des assurés - reprenant l'idée d'un bouclier sanitaire - et épargnerait les malades lourds. Mais entre ces limites et ces exonérations, l'impact du mécanisme devrait être limité. D'un objectif de responsabilisation, la franchise a toutes les chances de se transformer en une sorte de deuxième régulateur après le ticket modérateur.
FEUILLE DE PAIE : LES NOUVEAUTES DU 1ER JUILLET
En attendant la réforme permettant de travailler plus pour gagner plus, les feuilles de paie des salariés des cabinets médicaux évoluent avec des changements de taux de cotisations et d'assiette. Tout savoir sur les nouvelles règles applicables au 1er juillet.
FMC : UN SITE INCONTOURNABLE
Pour composer votre programme de formation présentielle - un élément indispensable pour remplir vos obligations de FMC - le site de l'Association de Formation des Médecins Libéraux (AFML) est incontournable. Il vous offre une visualisation directe et claire des différentes formations proposées tant dans le cadre du FAF que dans celui de l'OGC, une information plus complète et une possibilité de télécharger les bulletins d'inscription Ah, si tout était aussi simple qu'à l'AFML....
 
 
Retrouvez toute l'actualité médico-sociale et tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le monde médico-économique sans jamais oser le demander.
Formations à l'informatique, à la communication, à l'Anglais, formations médicales. L'AFML vous propose de nombreuses formations sur tous ces thèmes.
Site de l'AGL Retrouvez sur le site de l'AGL (l'AGA du SML) toutes les nouveautés fiscales et les informations sociales sur le personnel des cabinets médicaux.
 
    http://www.lesml.org
Pour ne plus recevoir ce courrier, cliquez ici. Pour contacter le SML : lesml@wanadoo.fr