LA MACHINE INFERNALE

Sortie par la porte, la conditionnalité des revalorisations aux résultats de la maîtrise médicalisée est rentrée par la fenêtre. Le président du Conseil de l'UNCAM a en effet déclaré qu'il "n'entend pas proposer au conseil de fixer de nouvelles orientations pour une négociation tarifaire avant que soit tenu l'engagement pris pour 2006 et 2007". L'avenant n°12 est donc bien la machine infernale dénoncée par le SML. Michel Régereau confirme ainsi que les médecins sont enfermés dans une maîtrise médicalisée pour 2 ans sans perspective d'évolution des honoraires au-delà de quelques mesures ponctuelles pour solde de tout compte. Le C ne sera donc pas à 23 € en 2007. En plus, cet accord fait planer de lourdes menaces sur le secteur II (voir ci-dessous). Pourquoi et comment des syndicats responsables ont-ils pu faire tomber les médecins dans un tel traquenard ?

Dr Jean-Louis Caron, secrétaire général

 
 
AVENANT N°12 : DES REVALORISATIONS CANADA DRY
Il y a au moins quatre bonnes raisons de refuser l'avenant n°12.
- Des engagements sans contrepartie. Michel Régéreau a donc confirmé qu'il n'y aurait pas de nouvelles négociations tarifaires avant la fin de 2007 et, encore à condition que les objectifs de la maîtrise médicalisée soient atteints. Cela implique que le C ne sera pas à 23 € en 2007. Or, cette perspective était un engagement politique, d'ailleurs réitéré cette semaine par le Ministre de la Santé et des Solidarités et devait constituer le point de départ de la négociation de la CCAM clinique.
- Des revalorisations et des majorations Canada Dry. L'avenant comporte plusieurs mesures - 1 € sur le C le 1er août, 1 € sur les majorations de coordination des généralistes et des spécialistes, création d'une majoration de 3 € sur les consultations des enfants de 2 à 6 ans pour les seuls généralistes du secteur I, etc.. - qui étaient, pour la plupart, prévues par la Convention en 2005 et devaient s'appliquer en cas de réussite de la maîtrise pour 2005 comme une sorte de solde au titre des résultats obtenus. Ces revalorisations dues au titre du passé sont présentées comme des augmentations en contrepartie d’engagements futurs (2006-2007). Elles ont donc le goût et la couleur de revalorisations mais ce sont des "revalo Canada dry".
- Des compensations insuffisantes. L'enveloppe de 34 millions d'€uros destinée à compenser les pertes d'activités pour les spécialités perdantes du parcours de soins est totalement sous-évaluée. Plusieurs spécialités ont fait savoir que le compte n'y était pas.
- Des menaces sur le secteur II. Le protocole qui accompagne l'avenant indique que "les parties signataires conviennent de réaliser, dans le courant de l'année 2006, un bilan des conditions d'accès aux soins des assurés aux soins coordonnés à tarifs opposables ou maîtrisés et s'entendent pour étudier les mesures susceptibles de garantir à l'ensemble des assurés cet accès". Cet accord revient à considérer que le parcours de soins, censé être un outil d'amélioration de la qualité des soins devient un parcours d'opposabilité des tarifs. Il s'agit d'une attaque politique frontale contre le secteur II dont les deux syndicats signataires de l'accord portent la responsabilité. Le SML refuse une telle remise en cause du secteur II qui est un point essentiel du système conventionnel.
Pour le SML, l'implication dans le système conventionnel ne signifie pas jouer avec les droits et l'honneur des médecins. Pour conserver les uns et l'autre, les médecins doivent plus que jamais appliquer notre proposition sur le temps de travail librement choisi par le praticien (la règle des 35-39 h) et soutenir l’opération super maîtrise sur les ALD.
 
 
MEDECINS CONSEILS : LA CHASSE AUX MEDECINS LIBERAUX
Au titre de leur nouvelle convention collective qui devrait être signée prochainement, les médecins conseils de l'assurance-maladie vont découvrir les joies des primes aux résultats récompensant le respect des objectifs. Pourquoi pas ? Sauf que leurs objectifs consistent à aligner les médecins. Un document interne précise que 1% des médecins doivent être contrôlés et que 17% de ces contrôles doivent donner lieu à des suites. Les risques de dérapages sont considérables. Pour toucher leur prime, les médecins conseils ne seront-ils pas tentés de faire du zèle pour atteindre leur quota d'erreurs de cotation ou de prescriptions abusives? Le SML a aussitôt dénoncé cette orientation verbalisatrice des médecins libéraux.
 
 
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