L’OGDPC est mort, vive l’ANDPC ???

15 Juillet 2016: L’OGDPC est mort, vive l’ANDPC ???

Ce dimanche 10 juillet est paru, au Journal officiel, le décret réformant la gouvernance du développement professionnel continu (DPC), issu de l’article 114 de la loi santé. Un texte qui entraînera des changements profonds dans la formation continue de notre profession.


Si le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) avait déjà alerté et mis en lumière, dans les colonnes du Monde, l’impact de l’ouverture du DPC aux acteurs extérieurs à la profession, comme le souhaite les présidents d’université, le SML s’inquiète des conséquences sur la formation continue des médecins libéraux par des structures n’étant que peu au fait des besoins de formations des praticiens libéraux.

Alors que pour le SML la formation doit être et rester du ressort des organismes professionnels, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, le décret précise ou confirme  que :

  • l'Agence nationale du développement professionnel continu (anciennement OGDPC), constituée sous la forme d'un groupement d'intérêt public (GIP) entre l'État et l'assurance-maladie, assurera le pilotage du DPC ;
  • Cette nouvelle agence sera par ailleurs composée de plusieurs instances à savoir : un Haut conseil du DPC des professions de santé, d'un comité d'éthique, de commissions scientifiques indépendantes, d'un conseil de gestion et de sections professionnelles.

L’ANDPC qui a comme mission de coordonner le DPC de tous les professionnels de santé quel que soit leur mode d’exercice, et laisse une place très faible aux représentants des professionnels de santé  libéraux. Mais la seconde mission est aussi l’organisation et le financement du DPC des libéraux. Du fait de la composition des différentes instances, les professionnels libéraux sont, de fait, noyés dans la masse d’une multitude d’acteurs qui n’ont pas ou peu de rapport avec leur activité.

Le SML, qui souhaite la réussite du nouveau dispositif, sera très attentif, à la défense d’une formation continue de qualité, et s’opposera aux volontés hégémoniques de l’université sur notre formation.

Quelques points à retenir :

  • le dispositif de formation passe d’une obligation annuelle à triennale ;
  • le professionnel de santé doit justifier au cours de cette période : soit de son engagement dans une démarche d'accréditation, soit de son engagement dans une démarche de développement professionnel continu comportant des actions de formation, d'évaluation et d'amélioration des pratiques et de gestion des risques ;
  • le professionnel de santé doit déclarer au moins deux de ces trois types d'actions et au moins une action s'inscrivant dans le cadre des orientations prioritaires ;
  • le professionnel de santé doit assurer la traçabilité de son développement professionnel continu, par un document électronique qui fera l'objet d'un contrôle par le Conseil de l’ordre.

Le SML continuera à marteler auprès des pouvoirs publics que « Le DPC des libéraux doit rester à la main des experts Libéraux », car la formation des médecins libéraux doit se concevoir avec les professionnels de terrain et non pas avec des universitaires totalement coupés des réalités quotidiennes.

Retourner en haut