Le SML vous accompagne : Nouveau témoignage d’un médecin oublié

23 Décembre 2016: Le SML vous accompagne : Nouveau témoignage d’un médecin oublié

Médecin, nom masculin : Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine.

Oublier, verbe transitif : Perdre le souvenir, laisser par inadvertance, négliger.

République, nom féminin : La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l'intermédiaire de représentants élus.

 


Le SML décide de donner la parole à tous ces médecins qui ne peuvent exercer faute d’avoir passé leur thèse à temps ou en raison d’une décision inique issue de l’administration. A tous ces Médecins oubliés de la République qui n’ont pas reçu le soutien de leurs consœurs et confrères en dépit d’un serment d’Hippocrate appelant à l’entraide et la solidarité envers ses pairs, le SML leur offre la visibilité qu’ils méritent.

J’ai débuté mes études de médecine en 1993 avec l’envie d’offrir à mes futurs patients ce qui me semble être essentiel : de l’attention, de l’écoute, du temps. J’ai pour conviction que les maux se guérissent d’abord par une approche sociale, ensuite par des méthodes curatives.

A la fin de mes études, j’exerce un temps en hépato-gastro-entérologie. Il s’agit d’un résidanat. Ce domaine me passionne. Peu importe les heures passées auprès des patients, c'est ma vie, mon aspiration profonde. J'ai d'excellents contacts avec les malades. Quelles que soient leurs difficultés, tant est si bien que je créais une relation sincère avec eux. Ils m’offrent des fleurs, des peluches…

Je m'assois auprès d’eux dans leurs chambres, nous discutons…Je leur tiens la main dans les moments difficiles et certains se réfugient même dans mes bras, de manière inattendue. J'en suis touchée, peut-être plus que de raison.

Puis je remplace en médecine générale… Chaque journée, même longue, est riche d'enseignement : humainement, théoriquement, scientifiquement…

Mon premier contact avec la médecine s’apparente à des années bonheur. Du moins au départ.

Femme, mère, médecin. Voici les maîtres-mots qui me définissent. Je mène plusieurs vies en parallèle, à des rythmes différents, souvent effrénés.

Concilier vie professionnelle et vie de famille devient de plus en plus compliqué. Je fais des concessions, j’essaye de m’impliquer à tous les niveaux mais rien n’y fait : je m’épuise et comme beaucoup de mes confrères, je suis touchée par un burn-out professionnel.

A l’époque, le diagnostic n'est pas posé et je passe pour une folle, aux nerfs peu solides. Le burn-out est un tabou, qui plus est chez les médecins.

Alors que j’avais mis de côté ma thèse, je décide de la reprendre et y place un dernier espoir. Là encore, déception majeure puisque mes 3 dernières propositions de sujets me sont refusées de façon discrétionnaire. J’adresse alors une demande de dérogation pour réhabiliter le choix de mon étude. Elle s’heurte au bon vouloir de professeurs d’université qui n’ont de sages que leur titre.

Me voici contrainte d’abandonner tout nouvel espoir placé dans ce projet. Je n’ai pas de possibilité de reconversion immédiate sans avoir à reprendre de formation différente. Je suis, d’un côté, surdiplômée, de l’autre pas assez pour être exercée par moi-même.

Aujourd’hui, nous sommes en 2016 et je ne suis pourtant pas Docteur. Que s’est-il passé pour que j’en arrive là ?

Je reste femme au foyer, convaincue d'un innommable gâchis personnel, professionnel…

Existe-t-il un autre domaine où l'on prive les gens de finaliser leurs études, de se réaliser ?… Je ne le crois pas.

A l'heure où la France va chercher des médecins étrangers pour combler le manque de médecins Français sur le territoire, que l’on récupère des médecins à la retraite qui, à mon sens ont largement et suffisamment consacré de temps à leur vocation, que va-t-on faire de ces médecins dûment formés qui ont déjà exercé leur talent en tant que remplaçants ? Tout ça pour un tampon sur un bout de papier...

 

Les oubliés de la République : une solution adoptée au Parlement pour les médecins sans-thèse !

Dans le cadre du projet de loi de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne, l’Assemblée nationale a adopté ce mercredi, après un consensus au Sénat et en commission mixte paritaire, l’amendement gouvernemental à l’article 25, sur les médecins sans-thèse.

Une première victoire pour le SML qui avait alerté à plusieurs reprises les pouvoirs publics sur les conditions vécues par les médecins oubliés de la République !

L'amendement prévoit que ces anciens médecins résidents pourront « être autorisés à prendre une inscription universitaire en vue de soutenir leur thèse », après avis d'une commission pédagogique. Le texte précise que l'autorisation "est conditionnée à l'engagement d'exercer en zone sous-dotée".

Le SML restera cependant vigilant lors de la publication du décret d’application et sollicitera les parlementaires pour faire préciser les conditions subordonnées à l’amendement.

 

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