Le SML soutient les audioprothésistes contre l’autorité de la concurrence

03 Février 2017: Le SML soutient les audioprothésistes contre l’autorité de la concurrence

En février 2016, l’Autorité de la concurrence (ADLC) lançait une enquête sectorielle sur l’audioprothèse, invoquant que les prix pratiqués par les spécialistes français étaient parmi les plus élevés en Europe. Selon l’ADLC, ces derniers se rendraient coupables de marges exorbitantes réalisées sur le dos des patients.


4 semaines après, les résultats de l’enquête infirmaient totalement cette thèse. Le maillage territorial serait suffisant pour favoriser la concurrence entre les complémentaires de santé. Par ailleurs, les prix pratiqués de 1500 € l’appareil par oreille seraient comparables voire inférieurs à ceux de nos voisins européens.

Que nous apprend donc cette enquête ?

Si son objectif était de pénaliser la profession d’audioprothésistes et de démontrer l’intérêt des réseaux de soins dans le choix d’un professionnel aux pratiques « raisonnées », elle révèle au contraire que les spécialistes ne cherchaient pas à maximiser leurs gains mais à proposer des soins de qualité à leurs patients. Pour autant, elle omet de souligner que la logique des réseaux de soins a pour conséquences de faire diminuer la qualité des soins et de faire augmenter les prix des prestations des audioprothésistes.

C’est l’UNSAF qui corrobore ces informations. Le Syndicat national des audioprothésistes souligne en ce sens que les complémentaires ont tendance à rembourser moins bien les prestations médicales et orienter leurs souscripteurs vers des professionnels « certifiés » qui, pour être payés de leurs actes, proposent des solutions médicales de moindre qualité.

Ils demandent :

  • Par souci de transparence, la publication par l’ADLC de ces conclusions sur les 2 questions non traitées dans l’avis final : encadrement contre remboursement amélioré et « réseaux de soins » ;
  • de futures études indépendantes du secteur de l’audioprothèse par les autorités compétentes en matière de santé publique, l’IGAS, et en démographie des professionnels de santé, l’ONDPS ;
  • une évolution concrète des textes afin d’obtenir que la santé et les produits de santé ne puissent plus être traités comme des biens de consommation. Il s’agit d’obtenir une véritable « exception santé ». Les textes actuels, trop flous, fragilisent la Santé publique dans notre pays.

Si le problème est plus profond, il est par ailleurs récurrent dans la rhétorique des pouvoirs publics. Il tend à vouloir démontrer que les seuls responsables du déficit de la Sécurité sociale seraient les médecins et les spécialistes qui, dans leurs pratiques, n’auraient pour objectif que la maximisation de leurs rentes, en proposant des prix bien au-dessus de la réalité de leurs actes. Ces calomnies n’ont que faire. Elles cachent par ailleurs que de nombreuses spécialités n’ont pas vu leurs honoraires revalorisés depuis plus de 10 ans quand le coût de la vie a, lui, augmenté.

En ce sens, le SML apporte tout son soutien à l’UNSAF dans le combat qui l’engage contre l’ALDC. Les  spécialistes du SML sont en proie aux mêmes problématiques.

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