La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens lancée en 2014 a souffert d’un manque de moyens et d’une insuffisante mobilisation interministérielle. Telle est le message principal du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la question. Ce message semble avoir été entendu, puisque pas moins de six ministres (Transition énergétique, Santé, Agriculture, Travail, Recherche) ont signé un communiqué commun annonçant leur engagement dans la construction d’une nouvelle stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens qui devrait être adoptée d’ici la fin de l’été 2018.
La mission pointait la baisse des financements alloués à la recherche sur ce sujet et l’absence de priorités affichées. Elle recommande donc de donner une place à la thématique des perturbateurs endocriniens dans la stratégie nationale de recherche, de mener une surveillance sanitaire et environnementale, de caractériser les dangers liés aux substances susceptibles d’avoir des effets sur la santé, de prendre des initiatives pour faire évoluer la réglementation européenne, et de former les professionnels de santé. La mission relève qu’entre 2013 et 2017, l’Agence nationale du développement professionnel continu a recensé 56 actions traitant des perturbateurs endocriniens, et que cette thématique n’a représenté que 0,2 % des dépenses totales consacrées au DPC en 2016. Rappelons que les effets collatéraux des perturbateurs endocriniens sur le seul système de santé ont été évalués à 150 milliards par an dans l’Union européenne, selon une étude de 2015 que citent les auteurs du rapport. Le SML se félicite que la question des perturbateurs endocriniens soit enfin entrée dans les priorités d’action du Gouvernement. Le syndicat, avec le pôle Femmes Médecins et Toutes les Libérales (FMTL), avait dès l’an dernier alerté sur ce sujet dans le cadre des journées scientifiques et des 8e Assises en présence de l’ancienne ministre de l’Environnement, Corinne Lepage.