Édito du Président | Numerus « apertus » : le piège

07 Septembre 2018: Édito du Président | Numerus « apertus » : le piège

La rentrée 2018 se fait sous une avalanche de réformes et d'annonces dans le secteur sanitaire et social. Plus que jamais, le Gouvernement veut montrer qu'il agit.

Fait inédit, la réforme de la santé sera annoncée par le chef de l'État en personne le 18 septembre. Et déjà, les ministres et leurs missi dominici préparent l’opinion à certaines mesures. Ce fut le cas lors des rencontres des élus des URPS à La Baule, où l’on nous a martelé que le paiement à l’acte était mauvais et qu’il n’y avait point de salut pour la qualité des soins en dehors des rémunérations forfaitaires. Mercredi, la ministre a évoqué l'abandon du numerus clausus. Arrêtons-nous un instant sur ce projet.

En « ouvrant les vannes », non seulement le Gouvernement entend séduire les jeunes mais, surtout, il espère se réconcilier avec les élus locaux excédés par les déserts médicaux. En revanche, pour la médecine libérale, c’est un piège redoutable.

Avec un numerus clausus multiplié pratiquement par deux en moins de 10 ans et la croissance exponentielle du nombre de médecins à diplôme étranger, nous nous retrouverons assez rapidement en situation de pléthore médicale. Comme ce fut le cas il y a 30 ans. À l'époque, la concurrence acharnée entre médecins a concouru à la flambée des dépenses de santé et à instaurer un climat d’exercice délétère. De plus, il y a fort à parier que les nouveaux diplômés continueront à préférer s'installer là où se concentre la population, accentuant les déséquilibres démographiques. Enfin, l’instauration d’une situation fortement concurrentielle procurera un terreau favorable au développement des réseaux de soins et à la prédation économique des complémentaires santé. Le secteur 2 aurait alors du mal à se maintenir. C’est alors le Gouvernement disposerait de tous les arguments pour imposer un conventionnement sélectif à l’installation.

Il faut sans doute revoir les modes de sélection des futurs médecins, mais certainement pas de cette façon. Pas en dégoupillant la grenade qui fera après-demain voler en éclats la liberté d’installation !

Qu'on ne s'y trompe pas, le numerus apertus est un piège ! Et les pièges comme celui-ci sont nombreux en cette rentrée. Vous pouvez compter sur le SML, votre syndicat, pour les débusquer et les combattre. Venez en parler avec nous en participant au congrès du SML.

Bonne rentrée !

Philippe Vermeersch,
Président du SML


  

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