Nous y voici ! Le contenu de la réforme du système de santé a été présenté à l’Élysée. Et le plan proposé est un concentré de la philosophie macronnienne du « en même temps ». Chacun des acteurs du système de santé, dont une part est à couteaux tirés avec l’autre, a retrouvé dans les 54 mesures des propositions qu’il a portées. Autrement dit, on y retrouve une touche de dirigisme étatique (qu’il nous faudra combattre), une dose de décentralisation vers le libéral, une refonte de la géographie de la santé avec le regroupement des offreurs de soins entre eux, l’introduction d’une culture du résultat devenue le nouvel habit de la maîtrise des dépenses, le tout parsemé de quelques paillettes numériques. Mais une chose est certaine, le constat sur lequel cette réforme a été construite est partagé par tous : à trop viser la réduction des dépenses, toutes les réformes ont échoué, menant notre système de santé au bord de la rupture et la médecine libérale à une crise inédite.
Le SML n’estime pas que cette réforme soit parfaite. D’ailleurs, nous avons fixé des lignes rouges et redit nos craintes devant des moyens que nous ne jugeons pas à la hauteur des enjeux. Mais pour une fois, on nous propose d’essayer de faire marcher notre système sur ses deux jambes, la ville et l’hôpital, et de leur donner les outils pour travailler ensemble. C’est ce que nous demandons. Alors plutôt que de s’arcbouter sur ce qui ne nous convient pas, nous allons tenter de convaincre. Convaincre les pouvoirs publics d’amender ce qui pose problème pour faire bouger les lignes. Et nous allons travailler à mettre en œuvre ce qui est utile aux libéraux.
J’entends déjà ceux qui, par souci démagogique, cèdent à la tentation de regagner le clan des opposants. Bien sûr, nous pourrions tout bloquer et lever le poing. Mais qu’y gagneraient les médecins ? Ils y perdraient des moyens et des outils. Le Gouvernement serait tenté de réformer pour les hôpitaux et de laisser de côté ces libéraux « qui ne sont jamais contents ». Et on continuerait à voir dégringoler la médecine libérale et nos confrères souffrir… ou à déplaquer.
Notre responsabilité est-elle de laisser les médecins libéraux et nos patients souffrir cinq ans de plus de la mal organisation de notre système ? Un syndicat responsable et engagé comme l’est le SML ne saurait s’enfermer dans les postures et l’incantation. Il vient un moment où il faut agir. Mais pas n’importe comment. Avec une ligne claire : moderniser l’exercice libéral en imposant le respect de l’indépendance de nos entreprises médicales. Et en négociant. Car nous voulons des avancées concrètes… pas faire tapisserie. Alors passons aux travaux pratiques !
Dr. Philippe VERMESCH
Président du SML