Édito du Président | Incurable entêtement…

05 Octobre 2018: Édito du Président | Incurable entêtement…

Réforme de la santé, budget de la Sécu, débat sur la dépendance, commission sur les arrêts de travail, réforme des retraites, réforme de la formation professionnelle des salariés, voilà déjà six grands dossiers nouveaux ouverts depuis la rentrée sur lesquels votre syndicat est mobilisé. Et cela s’ajoute aux nombreux autres qui existaient déjà… avant. Le problème réside dans ce mot : « avant ». Il est étonnant de constater l’attachement de nos interlocuteurs à ce qui se faisait avant. Il y a à cela une bonne raison ; c’est que si les gouvernements passent, l’Administration elle, demeure. Pour les technos, il y a un avant, un pendant et un après. Deux exemples le montrent. Le prélèvement à la source et le PAERPA. Le premier sera un casse-tête pour les petites structures comme nos cabinets et les politiques étaient prêts à l’abandonner. Mais l’administration s’est obstinée et a remporté son bras de fer. Pour le PAERPA, le parcours de santé des aînés, c’est la même chose. L’expérimentation a montré qu’il n’avait pas bien fonctionné et coûté beaucoup l’argent… qu’à cela ne tienne, on généralise le dispositif !

La raison commanderait que l’on évalue et surtout que l’on écoute afin de décider collectivement et de faire le tri. Au lieu de cela, on empile encore et toujours. Les réunions se multiplient et s’entrechoquent, tandis que sur le terrain les mutations sont si lentes que les élus locaux finissent par nous en vouloir. Le « nouveau monde » se vautre dans le lit de l’ancien. Et ce sont les médecins et leurs syndicats que l’on taxe de conservateurs ! Cela ne manque pas de sel !

Les chantiers récemment ouverts par le Gouvernement sont essentiels, et même si nous sommes loin d’être d’accord sur tous les aspects, ils doivent conduire à une nécessaire modernisation. Pour cela, il serait judicieux de concentrer toutes les énergies sur les projets nouveaux plutôt que de chercher à consolider les « machins » de l’Administration qui ne marchent pas. L’incurable entêtement de celle-ci est aujourd’hui le principal obstacle sur la route de la modernisation du système de santé. Et pour le contourner, il existe un chemin : celui du dialogue direct entre le Gouvernement et les syndicats représentatifs. Encore faut-il savoir saisir les mains tendues.

Philippe VERMESCH

Président du SML


  

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