Arrêts de travail : « l’ordonnance » du MEDEF

26 Octobre 2018: Arrêts de travail : « l’ordonnance » du MEDEF

C’est fou le nombre d’organisations qui se rêvent médecins à la place des médecins. Le MEDEF par exemple, – qui pourtant ferait peut-être mieux de regarder du côté de l’organisation de ses entreprises que du côté des cabinets médicaux –, y va de sa petite ordonnance en dix propositions. Cinq concernent directement le prescripteur ou son patient.

En premier, l’organisation patronale prône de clarifier le cadre juridique des arrêts de travail et de renforcer le contrôle par l’Assurance maladie de l’application des obligations de l’assuré. Ce cadre existe déjà. De plus, avec la numérisation, il devient possible de contrôler les patients dès le premier jour.

Proposition deux : mener une action plus ciblée sur les prescripteurs les plus importants, contrôler systématiquement le médecin et le patient à partir du quatrième arrêt prescrit. Prescripteur « important » ne signifie pas nécessairement prescripteur complaisant, mais plutôt patientèle en souffrance.

La troisième proposition vise à renforcer les pouvoirs de la contre-visite décidée à l’initiative de l’employeur.

La quatrième proposition témoigne d’une méconnaissance totale de la réalité ; il s’agirait de déterminer un parcours de prescription unique dans lequel le médecin traitant serait le seul à pouvoir prescrire un arrêt de travail hors hospitalisation. Priver le spécialiste, très bien placé pour en juger, de la possibilité de prescrire un arrêt de travail est totalement inepte.

La cinquième proposition « rattrape » un peu les quatre autres puisque le MEDEF préconise une meilleure diffusion des référentiels de durées d’arrêts définis par la HAS. Le SML n’y voit pas d’inconvénients si les médecins y sont associés. Évidemment, on devine que le MEDEF serait encore plus satisfait si l’élaboration desdits référentiels lui incombait exclusivement.


  

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