C’était l’une des grandes mesures annoncées par le président de la République qui fixait à 4 000 le nombre de postes d’assistants médicaux à créer d’ici 2022.
Prévues par la loi de financement de la Sécurité sociale, les négociations entre les partenaires conventionnels doivent commencer le 24 janvier prochain. Mais telles qu’elles sont « bordurées » par la ministre de la Santé, elles s’annoncent plutôt mal. Dans la lettre de cadrage qu’elle a adressée au président de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie, Agnès Buzyn donne des lignes directrices qui sont plutôt des directives. La ministre souhaite imposer des conditions à l’octroi de ces aides : l’exercice en cabinet de groupe, l’inscription dans un exercice coordonné, l’engagement d’un bénéfice mesurable pour la population en matière d’accès aux soins, comme l’augmentation du nombre de patients reçus en consultation, et l’exercice en secteur 1 ou OPTAM. De surcroît, cette aide devrait être « dégressive/nbsp]», « cette dégressivité ayant vocation à être compensée par l’accroissement de la file active des patients ». Bref, on est loin de ce qui avait été promis aux médecins libéraux. À cela s’ajoute le fait que les 3 000 centres de santé pourront eux aussi bénéficier de ces 4 000 postes d’assistants médicaux…
Pour le SML, ces conditions sont non seulement inacceptables, mais totalement inadaptées à la réalité du terrain. En effet, cette mesure est destinée à soulager les médecins libéraux exerçant en zone sous-dense. Or, beaucoup de ces médecins exercent seuls. Ne pas leur accorder cette aide contribuera au contraire à accentuer les inégalités d’accès aux soins. En outre, elle doit privilégier les cabinets libéraux et non les structures déjà largement soutenues comme les centres de santé.
Le conseil de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), en fixant les orientations de la négociation, en rajoute une couche. Il souligne « que le temps médical devant être libéré grâce à ces nouveaux professionnels devra permettre d’augmenter le nombre de patients suivis et/ou d’améliorer la qualité de la prise en charge ». Pour le conseil de l’UNCAM, la négociation devra fixer « le montant à la charge de l’Assurance maladie selon la rémunération supplémentaire permise par l’accroissement d’activité induite ». Bref, une sorte de course à la productivité.