Édito du Président | Enfin un rapport intelligent !

22 Février 2019: Édito du Président | Enfin un rapport intelligent !

La chose n’est pas fréquente et mérite donc d’être soulignée. Le rapport sur les arrêts de travail, commandé par le Premier ministre pour circonscrire la flambée des indemnités journalières, ne s’est pas traduit par un brûlot incendiaire contre les médecins. Bien au contraire, ses auteurs, Jean-Luc Bérard, DRH du groupe Safran, Stéphane Oustric, professeur de médecine, et Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes, ont pris le temps d’écouter et de décortiquer tous les ressorts d’un système plus complexe qu’il n’y paraît. Et loin de culpabiliser la profession, comme certains l’ont fait jusqu’à présent par facilité, ils ont proposé des solutions pragmatiques. Tout d’abord, renforcer la coopération entre la médecine du travail, le médecin traitant et l’assurance maladie. Ensuite, proposer des outils permettant en cas d’arrêt long d’éviter la désinsertion professionnelle du patient en lui proposant une reprise progressive de son activité et en développant des alternatives comme le télétravail. Le rapport prône de développer des axes de formation spécifiques sur cette thématique à travers le DPC assortis de référentiels de prescription. Tout cela va dans le sens des intérêts des patients. On ne peut pas d’un côté développer la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) où les opérés sont relevés le jour même ou le lendemain de l’intervention et, de l’autre prolonger des arrêts jusqu’à la nuit des temps. Enfin, on ose s’attaquer à l’indemnisation des salariés pour les arrêts d’un jour…

S’il est logique que les médecins s’engagent dans ce chantier et participent à l’effort attendu par les Pouvoirs publics, en revanche, leur implication devra être légitimement valorisée. Par exemple la dématérialisation et la télétransmission des arrêts devront être rémunérées et les formations indemnisées. Mais surtout, il faudra, et c’est essentiel, que les tutelles ne transforment pas les préconisations de bon sens contenues dans ce rapport, en bouillie administrative qui rendrait infernale leur mise en œuvre sur le terrain…

Dr Philippe Vermesch

Président du SML


  

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