Communiqués de presse du SML

Drame de Nice : le SML appelle à une refondation de la gouvernance de la médecine esthétique




Le décès dramatique d'une jeune femme de 25 ans à Nice, à la suite d'une injection esthétique présumée réalisée en dehors du cadre médical, constitue un choc pour l'ensemble de la profession médicale.

Le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) adresse ses pensées à la famille et aux proches de la victime.

Mais au-delà de l'émotion, ce drame impose une prise de conscience collective.

Depuis plusieurs années, le SML alerte les pouvoirs publics sur la progression des pratiques clandestines réalisées par des personnes sans qualification médicale, souvent recrutées via les réseaux sociaux, utilisant des produits d'origine incertaine et incapables de prendre en charge les complications parfois gravissimes qu'elles provoquent.

Cette réalité ne peut plus être ignorée.

La protection des patients ne repose pas sur l'appartenance à une spécialité médicale particulière. Elle repose avant tout sur la compétence, la qualité de la formation, l'expérience, l'évaluation des pratiques et le respect des règles déontologiques.

La médecine esthétique est aujourd'hui exercée, depuis plus de trente ans, par des médecins issus de nombreuses spécialités : médecins généralistes, dermatologues, chirurgiens, ORL, médecins vasculaires, gynécologues et d'autres praticiens ayant développé une expertise reconnue.

Le récent décret du 9 juillet 2026 relatif au Droit d'Exercice Complémentaire (DEC) ouvre une étape importante. Pour être crédible, cette réforme devra s'appuyer sur un principe simple :

La compétence protège davantage les patients que la seule spécialité d'origine.

À ce titre, le SML appelle les pouvoirs publics à engager sans délai une véritable politique nationale de sécurisation de la médecine esthétique autour de cinq priorités :

  • renforcer la lutte contre les « fake injectors » et l'exercice illégal de la médecine ;
  • bâtir un référentiel national fondé sur les compétences objectivement acquises et évaluées ;
  • associer l'ensemble des professions médicales concernées à la gouvernance de cette discipline transversale ;
  • reconnaître l'expérience des médecins exerçant cette activité depuis de nombreuses années ;
  • sécuriser l'accès aux médicaments injectables pour les médecins dûment formés, afin d'éviter que des restrictions administratives ne favorisent indirectement les filières clandestines.

Le drame de Nice doit marquer un tournant.

Il démontre que la sécurité des patients ne passe pas par l'exclusion de médecins qualifiés, mais par une meilleure organisation des compétences, une formation exigeante, une évaluation continue et une lutte résolue contre l'exercice illégal.

Comme dans tous les domaines de la médecine, la question n'est pas de savoir d'où vient le médecin, mais s'il possède les compétences nécessaires pour exercer dans des conditions garantissant la sécurité des patients.

Le SML présentera à la rentrée un Livre blanc consacré à la gouvernance de la médecine esthétique et des compétences médicales complémentaires, proposant une réforme fondée sur la qualité, la transparence et l'intérêt général.

Déclaration du Dr Dominique Bellecour

Secrétaire général du Syndicat des Médecins Libéraux (SML)
Président de l'Union de la Médecine Esthétique du SML (UME-SML)

« Chaque drame révèle les limites de notre système actuel. Opposer les spécialités médicales ne protégera jamais les patients. En revanche, reconnaître les compétences, les évaluer, les maintenir et combattre sans relâche les pratiques clandestines constitue la seule politique de santé publique véritablement efficace. »


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