Edito du Président du SML

Le Ségur de la Santé n’a pas tenu ses promesses. Les 30 milliards d’euros mis sur la table, s’ils ont en partie épongé leurs dettes, n’ont pas permis de soigner les hôpitaux publics malades de leur désorganisation bureaucratique qui épuise et pousse les professionnels de santé à s’enfuir. Tandis que ceux qui y restent multiplient les actions de contestation.

Face au regain de violence qui agite notre société, il est plus que jamais essentiel de garantir la sécurité des médecins libéraux.

Sollicité par le ministre de la Santé pour réfléchir à l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaire (AMC), qui devient « illisible », le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a bâti quatre scénarios possibles.

Un nouveau round de négociation interprofessionnelle s’est déroulé ce jeudi. Cette négociation vise à accroître les moyens des CPTS, pour en booster le déploiement et en faire la cheville ouvrière des soins non programmés à travers le service d’accès aux soins (SAS).

Mardi, le PLFSS 2022 a été adopté par les députés en première lecture, après l’avoir largement remanié. Et malgré cela, le compte n’y est toujours pas. Aucun moyen n’est mis sur la table pour la ville : les sommes prévues pour l’avenant 9 sont aussitôt confisquées à travers les mesures de maîtrise. Et les 12 milliards investis sur les rémunérations à l’hôpital, n’empêchent pas les fermetures de lits dues au manque de personnel dans les établissements. La politique hospitalo-centrée du Gouvernement est une impasse.

Les députés ont débattu cette semaine du dernier budget de la Sécu pour ce quinquennat. C’est peu de dire que celui-ci n’est pas à la hauteur des attentes de notre profession.

Les centres de santé estiment que la reconstruction du système de santé passera par eux. Dans leur esprit, leur modèle d’organisation incarne le véritable système public de santé en ville. En clair, ils veulent incarner « le grand remplacement » de la médecine libérale. Même pas peur !! Explications.

Devant les cadres du SML, réunis le week-end dernier à Nice, le directeur général de la Cnam a confirmé que le paiement à l’acte ne faisait l’objet d’aucun blocage idéologique ou culturel dans les arcanes du pouvoir. C’est une bonne nouvelle. Face à la multiplication des forfaits en tous genres, le doute était permis.

On ne peut pas se contenter de hurler à chaque fois que des élus locaux ou nationaux confrontés aux déserts médicaux réclament des mesures au gouvernement. Il est bien évident que les médecins libéraux ne sont pas des pions qu’on pourrait déplacer et déraciner. La coercition à l’installation n’est évidemment pas la bonne réponse, le SML n’a jamais cessé de le répéter.

Le coup d’envoi de la séquence budgétaire a été donné vendredi avec la présentation des comptes et du budget de la sécu. Ce dernier budget du quinquennat est marqué par les déficits creusés par la situation sanitaire. Assurer la cohésion et la solidarité de la Nation était indispensable.

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