Edito du Président du SML

C’est un message que le ministère de la Santé aurait pu s’épargner. Dans un DGS Urgent, le directeur général de la Santé, relevant un recul des volumes de doses commandés par les libéraux cette semaine, fait les « gros yeux ». Il nous exhorte à « ne pas relâcher l’effort » pour la campagne vaccinale, oubliant que, pendant longtemps, les vaccins nous ont été accordés au compte-gouttes.

Saviez-vous que le président de la Fédération hospitalière de France se rêvait en ministre bis de la Santé ? Celui-ci a appelé sur France 2 au report des congés des médecins libéraux durant les fêtes et commandé que les agences régionales de santé veillent « à ce que tous les cabinets libéraux ne ferment pas en même temps », afin d’éviter l’affluence aux urgences de patients qui « ne trouvent plus de réponse en médecine de ville ».

Non, le paiement à l’acte n’est pas le boulet de la prévention ! La Cour des comptes vient de rendre un rapport sur la prévention. Comme on pouvait s’y attendre, c’est un rapport à charge. Mais au lieu de pointer la passivité des gouvernements successifs qui mettent la poussière sous le tapis depuis des années, et refusent d’investir sur la prévention, la Cour charge le mode de rémunération des médecins libéraux.

Le Ségur de la Santé n’a pas tenu ses promesses. Les 30 milliards d’euros mis sur la table, s’ils ont en partie épongé leurs dettes, n’ont pas permis de soigner les hôpitaux publics malades de leur désorganisation bureaucratique qui épuise et pousse les professionnels de santé à s’enfuir. Tandis que ceux qui y restent multiplient les actions de contestation.

Face au regain de violence qui agite notre société, il est plus que jamais essentiel de garantir la sécurité des médecins libéraux.

Sollicité par le ministre de la Santé pour réfléchir à l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaire (AMC), qui devient « illisible », le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a bâti quatre scénarios possibles.

Un nouveau round de négociation interprofessionnelle s’est déroulé ce jeudi. Cette négociation vise à accroître les moyens des CPTS, pour en booster le déploiement et en faire la cheville ouvrière des soins non programmés à travers le service d’accès aux soins (SAS).

Mardi, le PLFSS 2022 a été adopté par les députés en première lecture, après l’avoir largement remanié. Et malgré cela, le compte n’y est toujours pas. Aucun moyen n’est mis sur la table pour la ville : les sommes prévues pour l’avenant 9 sont aussitôt confisquées à travers les mesures de maîtrise. Et les 12 milliards investis sur les rémunérations à l’hôpital, n’empêchent pas les fermetures de lits dues au manque de personnel dans les établissements. La politique hospitalo-centrée du Gouvernement est une impasse.

Les députés ont débattu cette semaine du dernier budget de la Sécu pour ce quinquennat. C’est peu de dire que celui-ci n’est pas à la hauteur des attentes de notre profession.

Les centres de santé estiment que la reconstruction du système de santé passera par eux. Dans leur esprit, leur modèle d’organisation incarne le véritable système public de santé en ville. En clair, ils veulent incarner « le grand remplacement » de la médecine libérale. Même pas peur !! Explications.

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